mardi 23 décembre 2014

Un projet structurant : Le Jardin communautaire de Sawyerville

Dans son essence, sa planification et sa mise en œuvre, le Jardin communautaire de Sawyerville (JCS) a donné le ton sur un cheminement gagnant pour toute initiative s’inscrivant dans le plan de développement de Cookshire-Eaton (C.-E.).  Porté par quelques citoyennes et citoyens convaincuEs de son caractère mobilisateur, le JCS passait de l’idée sur papier à un premier rassemblement de « jardiniers motivés » en avril 2014,... sous l’œil attentif d’un conseiller municipal et du député fédéral, un aval politique signifiant.


C’est quoi au juste ce JCS?  Imaginée au départ par une « fille du pays », l’énergique Chantal Bolduc soutenue par un petit nombre de « complices » stimulé par cette approche collective, l’idée s’est peu à peu métamorphosée en une réalité maraîchère et fruitière à l’intérieur du périmètre urbanisé du village.  Sur deux acres, d’habiles jardiniers et leurs congénères en devenir ont aménagé des parcelles potagères qui, l’été et l’automne arrivés, garniront des garde-manger et des tables des générosités d’un humus bien travaillé.  Si cette saine nourriture produite par un « groupe local de retours-aux-sources » a, à coup sûr, des effets bénéfiques sur la santé du corps, son impact sur la santé psychologique, individuelle et communautaire, est propice à l’émergence de nouveaux liens de solidarité dans une collectivité très menacée par la déstructuration sociale et économique.  Nous y reviendrons.  
http://www.estrieplus.com/contenu-sawyerville_community_garden-1597-31389.html
 

Aux légumes-racine et autres plantes nourricières, s’ajouteront au fil des ans les délices fruités d’un verger mis en terre par les talentueux prochains diplômés du CRIFA (Centre régional d'initiatives et de formation en agriculture) de Coaticook.  Dûment clôturé à l’épreuve des cervidés et d’autres petits quadrupèdes que l’on souhaite voir ailleurs, le JCS est aussi caractérisé par un bâtiment de service construit selon la technique ancestrale du timber frame, une œuvre architecturale bénévole.  La Ville y a étiré une amenée d’eau et procédé à certains terrassements.  Déboursé total $ à ce jour : environ 13 000$ dont une contribution directe de la Ville de 11 700$.  Ce projet est établi sur une assise terrienne issue de la générosité légendaire du Dr Curtiss Lowry, un médecin de campagne d’une autre époque certes, mais dont le dévouement est fortement imprégné dans l’histoire de ce coin de pays.
 

Et le 12 octobre, à la Fête des récoltes, les jardiniers du JCS et quelque 300 invités et curieux ont célébré une réussite communautaire qui a pris tout son sens dans l’enracinement des gens dans leur projet, et l’enracinement du projet dans la collectivité.  Les instigateurs du JCS refusent la défaite sociale et économique!  Une ruralité en action!     

http://www.estrieplus.com/contenu-fete_recoltes_sawyerville-1597-33742.html

Photos: EstriePlus.com et Journal Haut-Saint-François

                      

dimanche 21 décembre 2014

Orientations stratégiques! Que dit EXP?

D’abord, qui est EXP?  Il s’agit d’une firme  sherbrookoise de génie-conseil, filiale de Exp Global Inc., elle-même une entreprise de génie-conseil œuvrant en cette matière un peu partout en Amérique du Nord.  Selon la presse spécialisée, sa réputation et sa crédibilité sont bien établies auprès d’une clientèle d’affaires qui n’hésite pas à recommander ses services.  Avant avril 2011, le bureau de Sherbrooke s’activait sous la bannière Teknika HBA, compagnie d’experts-conseil établie au Québec depuis 1928 et bien connue des gouvernements locaux et provincial, notamment en ingénierie d’infrastructures municipales.  EXP est familière avec la « culture municipale » et sait comment accompagner les décideurs politiques locaux dans leurs choix et décisions stratégiques.    
http://www.exp.com/fr/home
 

Évidemment certains zoufs forts en critiques des dépenses municipales, surtout les petites dépenses opérationnelles, objecteront que le conseil n’avait pas à payer 35 ou 40 milles $ pour se « faire pelleter des nuages ».  Laissons à ces « limoneux » le palmarès des énormités citoyennes.  Retenons qu’un examen objectif des contraintes et des forces en place, autant dans le concret que dans l’abstrait, est à la base d’une vision stratégique à long terme porteuse d’un développement adapté aux contingences d’un nouveau siècle aux changements en accéléré.
 

Fait que…  EXP propose :


Orientation 1 : Conserver et mettre en valeur le caractère naturel du territoire

Orientation 2 : Améliorer la qualité de vie de façon continue

Orientation 3 : Devenir une destination touristique attrayante

Orientation 4 : Positionner la Ville comme une alternative de choix pour la région de Sherbrooke

Orientation 5 : Créer des centres urbains dynamiques et invitants
 

Chaque orientation est assortie d’objectifs et de moyens insérés dans un « plan d’action général » dans lequel sont précisés des axes de développement et les actions spécifiques conséquentes.
 

Complexe… cette « patente »?  Certainement!  Le développement local est la résultante des forces, parfois concertées et coordonnées, parfois antagonistes et divergentes, qui façonnent une collectivité vers… l’harmonisation des potentiels et des capacités, ou vers la dysfonction sociale aux conséquences économiques démobilisatrices.  Dans pareille démarche, la « réflexivité » collective ou en petits groupes prédispose à la réussite.  Un exemple probant : Saint-Camille (MRC des Sources)    
http://www.saint-camille.ca/
 

Le schéma ci-dessous illustre la dynamique souhaitée, le CCD agissant comme un « activant » à la synergie des « forces vives du milieu ».  Le caractère rural de Cookshire-Eaton (C.-E.) associé à ses potentiels humains et naturels, à la qualité de vie que lui confère ses grands espaces agro-forestiers et au dynamisme de ses commerces et industries et organismes bénévoles sont, ou peuvent être, attractifs pour des familles à la recherche de valeurs rurales comprenant le support aux services de proximité; attractifs aussi pour des familles dont les membres saisissent les opportunités d’emplois localement, dans le HSF ou à Sherbrooke.

 

        

samedi 20 décembre 2014

Le CCD, pour quoi faire?

Cookshire-Eaton est le résultat d’une fusion municipale à trois terminée en 2002 : Canton Eaton, Sawyerville, Cookshire.  Résultats : six pôles urbanisés (Cookshire, Eaton Corner, Sawyerville, Birchton, Bulwer, Johnville), chacun avec sa « personnalité » sociologique propre; population ≈5 500; une superficie de 297 km2 (la plus grande superficie municipale des Cantons-de-l’Est); 230 km de chemins ruraux + une soixantaine de km de route numérotées (108, 251, 210, 253, 212); quatre zones industrielles; 30% du territoire en superficies agricoles; un relief en douceur; un couvert forestier à dominance feuillu; le tout traversé à l’est par la rivière Eaton et ses ramifications et à l’ouest par une autre rivière-au-Saumon.  


Limitrophe à la partie est de Sherbrooke, métropole régionale qui y a installé son aéroport, elle est sous son influence et son attractivité.  Au nord, sur l’axe de la route 112, Ascot Corner, 3 000 h., en phase de devenir une banlieue sherbrookoise, Canton Westbury, 1 000 h., résolument rural, et East Angus, 3 500 h., en démarche de reconversion industrielle, composent un territoire de la MRC du Haut-Saint-François (HSF) qui affiche sans équivoque sa volonté d’une alternative résidentielle, voire économique, à la très urbanisée Sherbrooke, pôle en tous genres (démographique, culturel, académique, économique) de l’Estrie et, par extension, des Cantons-de-l’Est.  
  

Le HSF, au fil des ans et via ses instances politiques et économiques, a concocté un savant schéma d’aménagement assorti d’une règlementation de contrôle intérimaire toujours perfectible.  Et les apparatchiks de ses CLD et SADC ont  fignolé des planifications économiques anticipant la prospérité collective.  Cookshire-Eaton (25% de la population et 13% en superficie) se devait donc, au dire de son maire, de dégager des orientations de développement, donc politiques, bien ancrées dans les réalités et les potentiels de la « nouvelle municipalité »… dans une MRC qui peine à affirmer son caractère identitaire dans un Estrie de plus en plus urbanisée,… et gentrifiée dans ses espaces ruraux. 
 

La solution : un plan de développement appuyé sur la vision de contribuables aussi éclairés qu’éclairants et qui pourrait baliser le futur de la Ville sur deux décennies.  Programme politique ambitieux mais, avec les « bons outils », réalisable, selon ses instigateurs.  


La démarche est lancée par le règlement 179-2013 (4 février 2013) instituant le Comité consultatif de développement (CCD), comité ayant même statut que le Comité consultatif d’urbanisme (CCU).  En mars 2013, une assemblée publique, au centre communautaire de Sawyerville, animée par des professionnels de la firme EXP de Sherbrooke regroupant une quarantaine de citoyennes et de citoyens motivéEs réfléchit lucidement à l’avenir de son lieu d’appartenance.  Le classique « forces-faiblesses-menaces-opportunités », implicite à toute bonne planification stratégique, est décortiqué. 
 

Le plan final, lui aussi perfectible parce devant constamment être adapté à la dynamique, à la mouvance, des contextes politiques et socio-économiques régionaux et nationaux, est déposé fin-2013.  À ce jour, le CCD (une douzaine de membres assidus, dont le maire et deux conseillers) a tenu plus d’une vingtaine de réunions.  Comme en toute démarche de planification, « rêveurs » et « pragmatiques » sont confrontés à « l’élément fondamental de l’existence » (individuelle et collective), c’est-à-dire la « rencontre avec la réalité ».  Gros défi!  Quelques projets concrets, sur le terrain, sont en réalisation; d’autre ont reçu l’aval des décideurs politiques.  Un optimisme, disons modéré, se consolide.    

En savoir un peu plus sur Cookshire-Eaton : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cookshire-Eaton

Un point de vue sur la démarche : https://www.youtube.com/watch?v=bxyqk9--NQY
(4 avril 2014)